Coronavirus : « Enfin, le monde s’intéresse à l’artemisia ! »

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La plante médicinale, déjà utilisée contre le paludisme, constitue un atout précieux dans la lutte contre la pandémie de Covid-19, selon le Dr Luisa Dologuélé, de La Maison de l’artemisia, qui est aussi l’épouse d’Anicet-Georges Dologuélé, l’ex-Premier ministre centrafricain.

D’un côté, le président malgache Andry Rajoelina, son entourage, un nombre croissant de chefs d’État du continent et une bonne partie de l’opinion publique ne jurent plus que par le Covid-Organics et son composant de base, l’artemisia, pour combattre le coronavirus. De l’autre, beaucoup de sceptiques et des instances internationales appellent à la prudence et craignent par-dessus tout de voir les populations africaines croire que la boisson venue de Madagascar ou les décoctions d’artemisia vont les immuniser, ce qui les inciterait à être moins vigilantes.

Pour faire le point sur les vertus réelles et supposées de cette plante médicinale bien connue et déjà utilisée contre le paludisme, questions à une spécialiste du sujet : le médecin centrafricain Luisa Dologuélé, ancienne fonctionnaire internationale des Nations unies et membre de l’ONG La Maison de l’artemisia, basée en France.

Jeune Afrique : Quels sont les bénéfices connus de l’artemisia sur la santé  ?

Dr Luisa Dologuélé : L’artemisia annua est une plante très connue et utilisée depuis plus de deux mille ans, en Chine, contre les fièvres intermittentes. Elle a ensuite été utilisée pendant la guerre du Vietnam, puis en Afrique. Son action contre de nombreuses affections comme les parasitoses telles que le paludisme ou la bilharziose est traditionnellement reconnue.

On a donc tout le recul nécessaire pour savoir que la tisane tirée de cette plante est sans risque et sans effets secondaires, ce qui constitue un atout précieux dans une situation d’urgence comme celle du Covid-19. De nombreuses publications médicales indiquent que des principes actifs de l’artemisia annua seraient efficaces contre le virus.

Quand et dans quelles circonstances l’idée est-elle venue de la tester pour combattre le Covid-19 ?

Depuis les années 2000, la Chine a conduit de nombreuses études statistiques contrôlées pour évaluer l’efficacité de l’association de sa médecine traditionnelle à la médecine conventionnelle. Elles ont été réalisées dans les plus grands centres universitaires, de façon rigoureuse, pendant l’épidémie de Sras de 2003. L’artemisia annua fait partie des deux plantes les plus efficaces contre le Sras, avec le lycoris radiata. Et c’est tout naturellement qu’elle a été de nouveau prescrite officiellement contre le Covid-19 dès décembre 2019, en association avec d’autres plantes, mais elle a toujours été prise à distance de celles-ci et dans les cas présentant des signes pulmonaires.

Ainsi, 85 % des patients chinois positifs au Covid-19 et symptomatiques ont reçu des mélanges de plantes en association avec les thérapeutiques conventionnelles. Les études réalisées, qui sont en cours de publication, montrent que les patients guérissent statistiquement plus rapidement lorsqu’ils ont pris les plantes que les patients traités seulement de façon conventionnelle.

 Les études réalisées en Chine recoupent-elles celles que vous avez pu mener de votre côté ? Parle-t-on de la même plante ? Du même traitement ?

L’analyse bibliographique montre que l’artemisia annua a une efficacité sur certaines maladies virales (grippe, herpès, cytomégalovirus) et, en association thérapeutique, sur certains cancers métastasés (prostate et poumon). Dans les cancers métastasés, on retrouve la même réaction inflammatoire exagérée que celle développée par les défenses immunitaires du patient infecté par le SARS-Cov-2 [l’agent pathogène du Covid-19].

Source: http://www.jeuneafrique.com