Le calvaire des étudiant(e)s africain(e)s confiné(e)s en France

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Achille, 24 ans, erre dans les couloirs du CROUS de Poitiers. Depuis le début du confinement, cet étudiant sénégalais en Master 2 géographie, doit choisir entre payer son loyer ou dépenser ses épargnes pour vivre. Il a fait son choix :

« Je préfère avoir de quoi manger. J’ai deux mois d’arriérés de loyers en ce moment mais qu’est-ce que tu veux ? De toute façon, il ne me reste plus rien. »

Comme beaucoup de jeunes étudiants originaires du continent african, Achille est bloqué en France à cause de la crise sanitaire et ses conditions de vie se sont considérablement détériorées.

Le parcours d’Achille n’est pas différent de celui nombreux étudiants que j’ai observés dans le cadre de mes recherches doctorales sur la condition d’étudiant africain en France.

Le président de la Fédération des étudiants et stagiaires sénégalais de France, Thierno Laye Fall, déclarait dans un article du Monde paru le 11 avril que de nombreux cas d’étudiants africains en détresse lui étaient régulièrement remontés. Ces derniers subissent en effet les conséquences des décisions politiques de leurs pays d’origine mais aussi la précarité estudiantine qui règne dans leur pays d’accueil.

Des étudiants promis à un bel avenir

Achille, originaire de Dakar, est arrivé en France en 2017. Il n’est pas boursier malgré qu’il en a fait plusieurs fois la demande.

Il fait partie des quelques 343 000 étudiants étrangers accueillis en France en 2019 selon le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MENESR).

Ce nombre importante représente 5 % des 5 100 000 étudiants internationaux en mobilité dans le monde qui ont choisi la France en 2019, le premier pays non anglophone accueillant des étudiants non européens.

Source: http://theconversation.com