L’Espagne continuera d’utiliser la chloroquine car elle n’y voit aucun danger et considère l’étude de « the lancet » comme pas assez forte

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La chloroquine (ou hydroxychloroquine) est un médicament qui fait parlé de lui. Miracle pour certains, arnaque pour d’autres, la chloroquine vient d’être interdite pour traiter le coronavirus en France. L’Espagne fait l’inverse : l’agence espagnole des médicaments et des produits de santé (AEMPS) considère que la récente étude publiée dans The Lancet qui mettait en garde contre les risques de l’hydroxychloroquine contre le coronavirus ne fournit pas de conclusions « assez fortes » pour cesser d’utiliser ce médicament en Espagne ou arrêter les recherches en cours dans les hôpitaux. L’Espagne continuera donc d’utiliser la chloroquine contre le coronavirus malgré l’interdiction française et les doutes de l’OMS et suit les recommandations du Dr Raoult à Marseille. Lisbob, l’assistant des expatriés en Espagne, vous dit tout sur le contre-pied espagnol sur la chloroquine.

L’Agence espagnole des médicaments et des produits de santé (AEMPS) est une agence tout ce qui a de plus officiel car sous la direction directe du gouvernement espagnol. Selon le journal El Pais, elle considère que la récente étude publiée dans The Lancet qui mettait en garde contre les risques de l’hydroxychloroquine contre le coronavirus ne fournit pas de conclusions « assez fortes » pour cesser d’utiliser ce médicament en Espagne ou arrêter les recherches en cours dans les hôpitaux.

Cette position contraste avec celle adoptée par la France, qui vient d’interdire l’utilisation de ce médicament pour traiter la covid-19, et les doutes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a suspendu un grand essai. Dans les deux cas, la décision a été prise après la publication de l’article dans The Lancet.

Pour l’AEMPS, « l’étude fournit des informations utiles ». « Mais c’est une étude observationnelle, pas un essai clinique, donc elle ne permet pas d’obtenir des preuves solides et incontestées car il y a beaucoup de facteurs qui influencent ces études qui peuvent faire qu’ils ne sont pas totalement fiables », explique un porte-parole de l’agence, qui relève du ministère de la Santé espagnole.

L’AEMPS indique sur son communiqué que “la chloroquine semble être efficace pour limiter la reproduction du SARS-CoV-2”, nom donné au coronavirus, et elle est utilisée sur 85% des patients espagnols.

« Nous n’avons également reçu aucune alerte grave de santé, donc selon les sociétés scientifiques, nous ne considérons pas qu’il y ait des raisons d’arrêter les recherches en cours ou d’arrêter d’utiliser le médicament comme traitement expérimental », ajoute ce porte-parole.

L’hydroxychloroquine, indiquée contre le paludisme et les maladies auto-immunes, a été l’une des plus utilisées contre le coronavirus (85% des patients hospitalisés en Espagne). Cependant, c’est expérimentalement, car, au-delà de certaines indications, il n’y a aucune preuve pour confirmer son efficacité.

La controverse sur l’hydroxychloroquine (ou chloroquine), causée en grande partie par la défense acharnée (et sans preuves à l’appui) que le président des États-Unis, Donald Trump, a faite de la drogue a vécu son apogée vendredi dernier, lorsque le prestigieux magazine The Lancet a publié la plus grande étude à ce jour sur la molécule.

Carlos Chaccour, chercheur à ISGlobal, souligne qu ‘«à l’heure actuelle, 131 essais cliniques actifs sont enregistrés dans le monde.» «Certains sont destinés au traitement, d’autres à la prophylaxie. Il existe de nombreuses façons et doses possibles d’utiliser ce médicament, dont certaines donnent de meilleurs résultats que d’autres. Des recherches supplémentaires sont nécessaires et ce qui n’a aucun sens est d’arrêter tous ces essais par une étude observationnelle.”

Source: http://www.lisbob.net