Covid-19 : pourquoi le vaccin Moderna a-t-il été suspendu dans plusieurs pays européens ?

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PRÉCAUTION – La Finlande, la Suède, la Norvège et le Danemark ont annoncé la suspension du vaccin Moderna chez les jeunes hommes en raison de risques de myocardites. Que disent les données ?

Nouveau coup dur pour la campagne de vaccination. Ces derniers jours, quatre pays du nord de l’Europe ont annoncé qu’ils suspendaient en partie le vaccin développé par Moderna. La Finlande et la Suède l’ont ainsi interdit chez les hommes de moins de 30 ans, tandis que le Danemark et la Norvège l’ont formellement déconseillé pour les moins de 18 ans. En cause, le risque plus important pour cette catégorie de la population de développer une myocardite, selon les experts.

« Une étude scandinave associant ces quatre pays a établi que les hommes injectés avec le Spikevax de Moderna et âgés de moins de 30 ans avaient un risque légèrement accru de développer une inflammation du myocarde », a justifié lors d’un point presse Mika Salminen, directeur de l’Institut finlandais pour la santé et le bien-être. « La plupart de ces cas d’inflammation du myocarde sont bénins et passagers, guérissant d’eux-mêmes en quelques jours, mais il y a un risque. »

Environ 0,002% des vaccinés concernés

Ces inflammations surviennent principalement après l’injection de la deuxième dose, mais demeurent très rares. En Suède, 34 cas de myocardites ont été constatés après le vaccin Moderna, sur 1,8 million de doses injectées, soit 0,0019% des vaccinés. Un taux minime, mais supérieur à celui observé pour le vaccin Pfizer (0,0007% de myocardites). Le constat est similaire en Norvège : le pays a recensé 34 cas de myocardites sur 1,5 million d’injections (soit 0,0024%, contre 0,0021% pour Pfizer).

Le développement d’une inflammation du myocarde « est un risque connu de ces vaccins », a réagi ce vendredi sur LCI le Pr Alain Fischer, président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale. Il assure que les données françaises sont suivies « de très près » par l’agence nationale du médicament. « Le risque existe, mais si nous le comparons à celui de développer une atteinte cardiaque beaucoup plus sévère liée à la maladie, il est bien moindre. »

Dès lors, « l’analyse bénéfice-risque reste tout à fait positive », d’après le Pr Fischer, selon qui « l’inflammation est transitoire et s’estompe en quelques jours ». « Il faut être vigilant, transparent, mais ne pas s’inquiéter », a-t-il conclu.

Source : http://lci.fr